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Irrigation agricole dans le Loiret : la place de l'eau de pluie face à la pression sur la ressource

4 min de lectureFilière agricole
Hangar agricole récent avec cuve de stockage et station de pompage en bordure de champ

Le nord du Loiret, autour de Pithiviers, forme l'un des grands bassins céréaliers du Val de Loire. C'est aussi un territoire où la question de la ressource en eau se pose avec une acuité particulière, du fait d'une tradition d'irrigation ancienne et d'un recours important à la ressource en eau pour alimenter les cultures. Dans ce contexte, la collecte d'eau de pluie sur les bâtiments d'exploitation mérite d'être posée comme une question légitime, sans exagérer sa portée : elle ne remplace rien, mais elle peut compléter certains usages.

Un territoire à forte tradition d'irrigation, sous tension croissante

Le secteur de Pithiviers et plus largement le nord du Loiret font partie de la Beauce irriguée. D'après le recensement agricole 2020 exploité par la DRAAF Centre-Val de Loire, plus de 3 200 exploitations peuvent irriguer à partir de la ressource en eau de Beauce, soit 63 % des exploitations de ce territoire, un chiffre qui illustre l'ampleur des prélèvements agricoles de Beauce, bien au-delà du seul périmètre départemental. Cette dépendance historique à l'irrigation s'accompagne d'une vigilance croissante sur la disponibilité de la ressource, avec des restrictions d'eau qui reviennent régulièrement selon les années. Pour connaître l'état des restrictions en vigueur à un instant donné, la référence est VigiEau.

Cette tension ne concerne pas uniquement les prélèvements directs pour l'irrigation des cultures. Elle rejaillit plus largement sur la gestion de l'eau à l'échelle de l'exploitation, y compris pour des usages annexes : lavage de matériel ou certains process de stockage, qui sont des usages non domestiques, et sanitaires des bâtiments d'exploitation, usage domestique encadré par l'arrêté du 12 juillet 2024.

Ce que peut apporter la collecte sur les bâtiments d'exploitation

Une exploitation céréalière du nord du Loiret dispose généralement de bâtiments dont la toiture représente une surface non négligeable : hangars de stockage, sites de conditionnement, bâtiments d'exploitation annexes. Cette surface peut faire l'objet d'une collecte d'eau de pluie, stockée dans une cuve enterrée dont la capacité se raisonne en fonction de la toiture disponible et des usages non domestiques identifiés sur le site.

Enrouleur d'irrigation relié à son tuyau en bordure d'une parcelle de céréales

Il est important de poser clairement les limites de cette approche : la collecte d'eau de pluie sur un hangar ne vise pas à se substituer à l'irrigation des parcelles, dont les volumes nécessaires sont sans commune mesure avec ce qu'une toiture de bâtiment peut fournir. L'intérêt se situe ailleurs, sur les usages non domestiques annexes de l'exploitation, où un volume complémentaire peut avoir un sens économique et pratique, sans prétendre résoudre la question plus large de la ressource en eau du territoire.

Une démarche qui se construit par une étude, pas par supposition

Comme pour tout projet professionnel de récupération d'eau de pluie, la pertinence d'un tel équipement sur une exploitation agricole s'évalue par une étude préalable : surface de toiture disponible, type de couverture, usages non domestiques concrets sur le site, contraintes d'implantation d'une cuve enterrée à proximité des bâtiments. Cette étude permet de dimensionner une installation adaptée, dans un ordre de grandeur qui peut aller de 5 à 20 m³ selon la configuration du site, et d'écarter le projet s'il ne présente pas d'intérêt suffisant au regard de la réalité de l'exploitation. Le détail de cette démarche est présenté sur la page dédiée à l'étude et au dimensionnement.

Un cadre réglementaire qui ouvre la voie, sans l'imposer

Le décret n° 2023-835 du 29 août 2023 a élargi le cadre dans lequel l'eau de pluie peut être utilisée pour des usages non domestiques sans procédure d'autorisation préalable. Ce texte facilite la démarche pour une exploitation agricole qui souhaiterait s'équiper, mais il ne crée aucune obligation : la décision reste propre à chaque exploitant, en fonction de ses besoins et de la configuration de ses bâtiments. Les modalités pratiques et les démarches associées sont détaillées sur la page consacrée aux aides, démarches et réglementation.

Un complément à étudier, pas une réponse toute faite

Pour une exploitation céréalière du secteur de Pithiviers ou plus largement du nord du Loiret, la collecte d'eau de pluie sur les bâtiments d'exploitation n'a pas vocation à résoudre à elle seule la question de la pression sur la ressource. Elle constitue en revanche un complément qui mérite d'être étudié sérieusement, au regard de la surface de toiture disponible et des usages non domestiques du site. Comme pour tout projet de cette nature, la première étape reste une étude et un dimensionnement menés au cas par cas.

Pour chiffrer une première hypothèse, nos repères de prix de cuve, de pompe et de pose sont sourcés un par un ; l'aide de l'Agence de l'eau qui y figure, la fiche QUA_1, ne vise pas les exploitations agricoles, qui relèvent d'une autre fiche.

FAQ

Questions fréquentes

L'eau de pluie collectée peut-elle remplacer l'irrigation d'une exploitation céréalière ?

Non. La collecte d'eau de pluie sur les bâtiments d'une exploitation ne se substitue pas à l'irrigation existante, dont les volumes et les usages sont d'une tout autre échelle. Elle peut au mieux constituer un complément, à étudier au cas par cas selon la surface de toiture disponible et les besoins non domestiques du site.

Pourquoi le nord du Loiret est-il particulièrement concerné par la question de la ressource en eau ?

Le nord du Loiret, autour de Pithiviers, appartient à un territoire à forte tradition d'irrigation céréalière. D'après le recensement agricole 2020 exploité par la DRAAF Centre-Val de Loire, plus de 3 200 exploitations peuvent irriguer à partir de la ressource en eau de Beauce, soit 63 % des exploitations de ce territoire, ce qui donne une idée de l'ampleur du sujet au-delà du seul département.

Une exploitation agricole doit-elle obtenir une autorisation pour utiliser l'eau de pluie collectée sur ses bâtiments ?

Le décret n° 2023-835 du 29 août 2023 élargit le cadre dans lequel l'eau de pluie peut être utilisée pour des usages non domestiques sans procédure d'autorisation préalable. Ce texte ouvre une possibilité, il n'impose rien : la décision d'équiper un bâtiment d'exploitation reste un choix propre à chaque exploitant.

Existe-t-il un accompagnement pour financer une étude de collecte d'eau de pluie sur une exploitation agricole ?

Cela dépend d'abord de la commune : Pithiviers relève du bassin Seine-Normandie d'après le référentiel Sandre, donc de l'Agence de l'eau Seine-Normandie. Sur la partie Loire-Bretagne du Loiret, les bâtiments agricoles ne relèvent pas de la fiche QUA_1, qui exclut l'activité agricole, mais de la fiche AGR_5. Les conditions précises s'évaluent au cas par cas auprès de l'agence compétente.

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